Le problème de la récidive de la malocclusion initiale
Il s’agit d’une préoccupation importante pour l’orthodontiste car aucun résultat de traitement ne peut être assuré de façon permanente. En effet, les phénomènes de vieillissement, l’usure occlusale, l’affaiblissement du parodonte, l’apparition de nouvelles dysfonctions ou la perte d’unités dentaires sont autant de facteurs qui peuvent perturber la qualité du résultat de fin de traitement orthodontique. La contention joue ici un rôle majeur.
Quelles sont les formes cliniques principales de ces nouvelle anomalies qui réapparaissent ?
- L’encombrement dentaire : c’est la récidive, la plus fréquente.
- La réapparition du surplomb incisif : toutes les dents maxillaires se remettent un peu en avant.
- La réapparition des dents supérieures et inférieures trop en avant. Les lèvres ne se touchent pas.
- L’apparition d’une béance verticale incisive : le bord des incisives ne se touchent pas et elles ne peuvent plus couper les aliments.
- Aggravation de l’excès : excès de recouvrement des incisives.
- Apparition d’une occlusion inversée antérieure ou latérale.
Contention chez l’aédolescent :
Il est important de préciser que l’appareil de contention choisi par l’orthodontiste est individualisé à chaque patient est prescrit en fonction de l’anomalie initiale.
Dans l’état actuel de nos connaissances : > Raisons de l’apparition de nouvelles anomalies…
Pour essayer de comprendre pourquoi apparaissent ces nouvelles anomalies, il faut les diviser en deux groupes : celles qui sont en relation avec la malocclusion initiale avant le traitement (récidive), et celles qui n’ont pas de rapport avec cette anomalie initiale.
1/ Lorsque l’apparition de dysmorphoses est en corrélation avec la malocclusion initiale.
- Le diagnostic étiologique : la véritable cause de la pathologie n’a pas été traitée ou n’a pas pu être traitée. Les récidives relevant de cette situation sont variées. Voici les plus fréquentes :
- Le choix du traitement : extraire ou ne pas extraire ? Cette décision peut avoir une incidence sur la récidive. En cas d’encombrement dentaire initial important, il est parfois nécessaire d’extraire des prémolaires afin de disposer de leur espace, ainsi libéré, pour aligner les autres dents. L’autre moyen de gagner en périmètre d’arcade serait de faire de l’expansion, c’est-à-dire d’élargir ou d’allonger les arcades dentaires, mais cette expansion a des limites à ne pas dépasser car elle est soumise à récidive.
- Une dysfonction persistante, à l’origine de la récidive : Une dysfonction non corrigée, ou insuffisamment corrigée, comme la ventilation buccale (le sujet respire par la bouche), une phonation dysfonctionnelle, une déglutition anormale avec interposition de la langue entre les arcades dentaires, une mastication non équilibrée, sont souvent à l’origine de la réapparition de l’anomalie initiale.
La denture est normalement dans une position d’équilibre neuro-musculaire : cela veut dire que les dents subissent, d’une part la pression linguale, et, d’autre part, la pression labiale ou jugale. Aussitôt que l’un de ces systèmes musculaires l’emporte sur l’autre, les dents migrent. Cette migration faible, au début, peut devenir très importante avec le temps. Ce mouvement sera d’autant plus accentué que le parodonte est faible et s’affaiblit encore plus avec l’âge.
- Une importante anomalie initiale : Nous remarquons que les malocclusions d’origine complexe sont difficiles à traiter mais surtout difficiles à stabiliser.
2/ Lorsque l’apparition de nouvelles pathologies est indépendante de la pathologie initiale.
- Une nouvelle dysfonction peut surgir et créer une anomalie occlusale. Une fois le traitement terminé, l’apparition de nouvelles dysfonctions, avec notamment une interposition linguale, sont vraiment les facteurs les plus récidivants et les plus difficiles à éliminer. Une interposition linguale entre les arcades en fonction ou au repos crée une béance verticale incisive.
- Nouvelles mauvaises habitudes, tics, onychophagie succion d’un doigt du pouce : un sujet qui interpose sa langue, ou son pouce, entre les arcades dentaires va entraîner l’apparition d’une béance incisive.
- Une reprise ou une poursuite de la croissance de la mandibule peut faire réapparaître une prognathie mandibulaire alors qu’elle a été dans un premier temps corrigée par l’orthodontie. Une indication chirurgicale s’impose dans un second temps.
- Au moment de l’éruption des dents de sagesse, une pression exercée de l’arrière vers l’avant de la bouche peut éventuellement être à l’origine de l’apparition d’un nouvel encombrement.
- Parodonte affaibli : un sujet atteint d’une maladie parodontale va voir apparaître des migrations dentaires importantes, le support osseux étant affaibli ou diminué.
- Un sujet qui fait du bruxisme nocturne peut effondrer son occlusion.
- La perte de dents non compensées par la mise en place d’une prothèse entraîne des anomalies intra et inter-arcades importantes. Les dents voisines s’inclinent. Les antagonistes se déplacent en direction verticale.
Prévention de la récidive…
Indépendamment du respect de la phase de la contention et d’une bonne gestion du traitement, après un diagnostic précis, la coopération du patient est indispensable. Certains auteurs préconisent une hypercorrection de la malocclusion pour laisser ensuite une petite récidive physiologique et naturelle parfaire l’occlusion.
On peut penser aussi que :
- La finition du traitement : la qualité des rapports coronaires engrénants et celle de la finition orthodontique est un facteur reconnu de stabilité. Il est parfois nécessaire d’adresser le patient après traitement chez un dentiste spécialisé en occlusion (l’Occlusodontiste) pour ajuster au mieux l’intercuspidation (l’engrènement dentaire) par de fines retouches de la forme des couronnes.
- L’orthophonie et la rééducation respiratoire peuvent aider à la correction des fonctions que l’on cherche à stabiliser. Néanmoins, le succès de rééducation n’est jamais certain car la dysfonction initiale correspond à une engrammation cérébrale, non physiologique, qui peut être bien fixée et très difficile à éliminer si elle est corrigée trop tardivement.
L’appareil de contention
Contention chez l’enfant.
Après un traitement précoce qui a agi sur la malocclusion initiale et sur le squelette facial en remettant l’enfant dans des conditions physiologiques de croissance, certains orthodontistes mettent en place, pendant un temps limité, une contention.
Après le traitement précoce appelé aussi traitement interceptif, l’occlusion est rééquilibrée. L’équilibre musculaire, les fonctions de mastication, de déglutition sont rétablies, cela permet ensuite un meilleur développement. Ce nouvel équilibre n’est cependant pas complètement acquis, car la croissance présente encore quelques déficits intrinsèques ou héréditaires qui peuvent s’exprimer jusqu’à la fin de l’adolescence. Pour cette raison, et afin d’éviter (ou limiter) une récidive de l’anomalie initiale, la contention peut jouer un rôle de maintien des acquis.
Principaux appareils de contention utilisés chez l’enfant. Plaque Palatine de Hawley : maintient la verticalité des incisives, la forme d’arcade, l’alignement dentaire. Cette plaque palatine amovible posée au maxillaire (figure 1) évite la récidive de la proalvéolie et du surplomb incisif. Cette plaque maintient la verticalité des incisives.
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Figure 1 : la photographie de gauche à 8ans 6mois :avant traitement précoce, au milieu à 11 ans pendant la phase de contention, à droite : à 12 ans avant la 2 phase de traitement, ici la correction à effectuer est devenue simple. La plaque palatine de contention a stabilisé les résultats acquis lors de la 1ère phase de traitement.
· Arc lingual : maintient les espaces éventuels consécutifs à la perte de d’arcade et le diamètre transversal inter-molaires.

Figure 2 : L’arc lingual de contention maintient la longueur d’arcade en denture mixte (présence de dents temporaires et permanentes), dans l’attente de la denture permanente
Arc transpalatin fixé sur des bagues molaires Cet arc transpalatin stabilise la correction du sens transversal. Initialement le sujet présentait un palais trop étroit qui été élargi pendant le traitement précoce. (Figure 3)
Figure 3 : Arc transpalatin de contention chez un sujet présentant une séquelle de fente palatine.
· Activateur en port nocturne, peut maintenir la correction du décalage inter stabilisateur. · Elastodontie : il s’agit d’un propulseur élastométrique souple utilisé ici en contention.
Durée de la contention : de 6 mois à un an puis suppression pour faciliter l’éruption dentaire et laisser l’enfant "se reposer" en attendant la deuxième phase de traitement.
